chambaran

Dans les bois

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Beaucoup de potes éloigné-e-s nous disent avoir du mal à recevoir des nouvelles sur l’occupation de Roybon, je vais tenter sans trop m’éterniser de vous faire un récit de la vie sur place.

Pour celleux qui n’ont pas trop suivi la chronologie : suite à l’ouverture de la maison « Maquizad », en bordure de chantier, des actions ont été menées sur zone pour inviter les déboiseurs à ne plus travailler pour Pierre & Vacances, suite à quoi une clique de vigiles zélés ont gazé et tapé des potes. En réponse une marche au flambeau a été organisée qui a permis d’évacuer les forcenés d’Alternative Securité dans la joie et de réquisitionner leur algécos, lieux dit de la ZAD rebaptisé « ACAB ». Dès lors des barricades assez massives ont été érigées aux entrées sud et nord de la zone rendant impossible le retour des machines de destruction industrielles ou policières. A savoir que la zone à défendre est une grande et jeune forêt défigurée par une large route de chantier.

Désormais nous vivons (ou gravitons) autour de quatre lieux de vie majeurs : Camp-a-gnole(sud), Acata, la Maquizad et Saboté (nord). Les différents recours juridiques nous ont laissé le temps d’installer nos cocons, malgré un hiver rude, et tous les lieux sont (quasi) autonomes en eau et électricité solaire. Nos jardins commencent à y fleurir. Les jours de pluie on peut retrouver son camp envahit par des hordes de grenouilles en pleine parade nuptiale, les jours de beau temps on peut se faire prendre en embuscade par les meutes de poules qui vaquent librement sur la zone. Une partie de « vol de drapeau » permanente a été initiée il y a quelques mois entre tous les lieux-dits, certains matins au réveil on découvre au dessus de sa maison un drapeau français ou bolchevique (humiliation suprême) à la place du jolly roger. Côté répression, une a deux fois par semaine quelques « flèches » du PSIG viennent se frotter aux barricades, comme des enfants qui jouent avec un chalumeau, ils repartent prestement. De manière irrégulière l’hélico des méchants survol avec désespoir la zone à la recherche de chimériques accès alternatifs. Sur les toits des cabanes quelques proses leurs sont dédiées.

Suite au « traumatisme » du festival open barrikad on s’attendait à l’enclavement et l’isolement que nous promettaient nos détracteurs, mais force est de constater qu’illes avaient tort. Avec les beaux jours les soutiens locaux affluent de nouveaux et les jeunes du coin viennent slalomer en Quad entre nos barricades. Les discussions et réflexions sur la légitimité de notre présence dans les « terres froides » ont été centrales ces derniers mois et à la source de beaucoup de remises en questions. Il s’est passé beaucoup de choses en sept mois d’occupation et nous n’avons pas toujours pris le temps de regarder autour de nous lorsque nous avancions. L’évènement « Au pré de ma zad » du week end dernier marque un tournant dans notre manière d’envisager la lutte contre le center park. Celui de rendre plus poreuses les frontières de la ZAD, et notre envie de partager nos combats bien au delà.

J’espère que ce bref récit vous donnera envie de venir passer un bout d’été avec nous. Il est le point de vue d’un seul habitant et d’autres expériences viendront l’étayer. Bien d’autres textes régulièrement produits peuvent vous transmettre les moultes réflexions qui traversent nos lieux de vie, dans des brochures tels que De tout bois et Chambar’tout.

Salutations rebelles.

Un habitant du bois des Avenières

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URGENCE INFO ZAD Roybon – (Communiqué de presse) – 05/02/15

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Madame, Monsieur.

Ce soir, aux environs de 20 heure 45, la guérite d’accueil de la ZAD Roybon, installée à l’entrée du chemin communale menant à la maison de la Marquise a entièrement brûlée, suite à un jet de plusieurs cocktails Molotov. Cette attaque, n’est pas un simple acte de destruction et fait suite à une série de jet de projectiles sur cette même installation, servant chaque nuit d’habitation, depuis le 30 Novembre dernier.

Cet incendie criminel, visant à détruire cette habitation, et à atteindre l’intégrité physique de tiers de manière volontaire, est ni plus ni moins qu’une tentative d’homicide.

Les forces de l’ordre et le CDIS de Roybon se sont rendus sur place suite à notre appel. L’intervention à commencée environ 1 heure après cet appel. Rappelons que la commune de Roybon et la caserne de pompiers sur place, sont à moins de 5 kilomètres du lieu de l’incendie.

A l’arrivée des militaires et des pompiers, nous avions déjà maîtrisé l’incendie, par nos propres moyens, malgré les risques que cela importe. Notre intervention à donc limité la propagation de l’incendie.

En début de semaine, le député de l’Isère, Jean-Pierre Barbier, à interpellé le Premier Ministre, lui demandant d’évacuer la ZAD Roybon et, d’interdire notre rassemblement Open Barrikad. Nous avions fait en sorte de limiter la communication de cet événement. Communication mise à mal par cette intervention.

Dans sa question au gouvernement, le député Barbier a notamment accusé les gouvernants de « complicité » avec notre action de blocus du chantier de Center parcs. La réponse obtenue de la Ministre de l’écologie laisse à entendre qu’aucune intervention n’aurait lieu jusqu’à nouvel ordre. Cette intervention a provoqué un certain émoi chez les plus extrémistes des pro-Center Parcs.

Suite à ceci, mardi dernier au soir, une réunion de Pro-Center Parcs avait lieu dans une salle communale de Roybon, organisée par l’association « Vivre en Chambaran » en présence du Maire du village, Monsieur Serge Perraud. Certaines personnes présentent y auraient, selon plusieurs témoignages, clairement proférées des menaces de violences physiques à notre encontre.

La violence gratuite de ces personnes est intolérable. Nous sommes aujourd’hui inquiets pour le bon déroulement de notre rassemblement du week-end du 7, 8, 9 Février.

En effet, les Pro-Center Parcs ont décidés d’organiser un contre rassemblement et promettent une action « spectaculaire ». Le triste spectacle de ce soir ne nous laisse pas indifférents à ce sujet.

De plus, la société Alternative Sécurité, employé pour surveiller la zone de construction du Center Parcs, continue de patrouiller, nous épiant jours et nuits, et ce sur la voix publique. Nous continuons de nous interroger sur la légalité de ces activités de surveillance, les milices privées étant à ce jour toujours interdites sur le territoire.

Nous tenons à rappeler que notre manifestation est ouverte à toutes et à tous. Cette événement se veut festif et familiale. Nous souhaitons qu’elle se déroule en paix, mais nous n’oublierons pas, la violence des actes de ceux qui s’en prennent à notre intégrité physique, et menacent de fait nos vies.

Pour Demain.

Les occupants de la Zone à Défendre de Roybon.