Marche des impossibles – fin

Publié le Mis à jour le

Dernière étape à Roybon. Nous arrivons à 16H et nous sommes accueillis par la gendarmerie qui nous suit, nous tourne autour une bonne vingtaine de minutes, nous annonçe directement « pas d’affichage, pas de dégradation » pour enfin nous faire un contrôle d’identité alors que nous n’avons encore rien déballé sur la place saint-Romme.

Nous décidons quand même de commencer les porteureuses de paroles avec la question  » De quoi sera fait demain? » que nous affichons sur nous à défaut de l’inscrire sur une banderole. Nous restons bien 3H sur place et nous avons des discussions vives et/ ou chaleureuses avec pas mal de personnes qui apportent des réponses plutôt pessimistes à cette question sur l’avenir.

Une personne nous dit que le maire de Roybon a annulé la traditionnelle marche du muguet et que ce serait à cause de nous, encore une technique pour nous faire porter le chapeau.

Nous accrochons notre question et les paroles entendues sur la grille de la statue de la liberté au centre de la place. A 19H , nous reprenons notre marche vers la Zad , content de s’être arrêté à Roybon pour discuter avec certain.e.s et nous montrer dans cette ville en tension.

Voici le compte-rendu des paroles recueillies lors de la marche de Grenoble à Roybon.

VOREPPE : Entre le bar de l’Univers et les jeux de boules lyonnaises ~ 04/05/15 ~ 14h-19h
« Votre vie est-elle confortable ? »

«  Oui, elle est confortable. On a un toit, l’électricité, de quoi payer nos études dans le lycée privé de Voreppe. Donc, ça va. » 3 lycéens
«  Oui, par rapport à la misère du monde. Non, par rapport à ce système politico-économique » Philippe (59 ans)
« C’est quoi une vie confortable ? Je choisis de voir le bon côté de la vie, le verre à moitié plein ! Le bien-être et le bien-vivre des personnes que j’aime, la santé. Je suis très réaliste, je ne vis pas dans une bulle. Je veux avancer lentement et sûrement. Il faut faire des choix, ne pas faire mal et se faire du mal »
« Oui, quand j’ai le temps de faire ce qui me plaît » Coline (28 ans)
« J’ai pu avoir une retraite confortable grâce à un travail que j’ai eu la chance de trouver. Aujourd’hui, c’est plus difficile d’avoir une vie confortable car c’est plus difficile de trouver du travail » Michel (77 ans)
« Pas quand j’ai la sensation que ce confort nourrit un système fondé sur l’exploitation et la discrimination des uns sur les autres »
« Je ne manque de rien et pourtant ma vie n’est pas confortable car je ne suis pas en bonne santé » Nasser
« Pour moi le confort, c’est partager ensemble le bonheur »
« Pas encore complètement » Roger
« Ma vie est confortable, je fais mon bois dans mon bout de forêt, je partage les coups de main avec les copains depuis 30 ans »
« Étant donné les conditions de travail, ici ma vie est moins confortable qu’au Maroc » Bernard (56 ans)
« Ma vie serait confortable si j’étais blanc. La couleur, ça joue encore beaucoup dans ce pays » Brahim, 41 ans, conducteur d’engins
« Pour moi ça va, mais heureusement qu’il y a le Conseil Général qui m’aide car ma femme a du être placé en maison de retraite et ça me coûte 2000€ par mois »
« Tant que l’on conjugue santé et liberté, tout va ! »
« Arrêtons de nous plaindre » Flo, fleuriste

TULLINS : Place des Allobroges ~ 05/05/15 ~ 13h-19h
« Qu’est ce que la liberté ? »

« Ma liberté serait de pouvoir avoir un travail stable car j’ai un enfant de 3 ans et une femme à l’hôpital. » Chouf
« Chacun a le droit de penser ce qu’il veut, de faire ce qu’il veut selon certaines règles »
« On est dans un pays démocratique, on est censé être libre mais on ne l’est pas… J’ai donné plus de libertés à mes employés, je leur ai fait confiance mais ils m’ont déçu ensuite ? »
« La liberté n’a pas de prix »
« La liberté de résonne pas de la même manière pour tout le monde. On a de la chance d’être né en France même si notre devise est bafouée. »
« La liberté c’est ne pas avoir d’attaches. Aujourd’hui, je ne me sens pas libre car j’ai des responsabilités et des contraintes et je ne peux pas m’en défaire car il y a des règles pour que la société se maintienne. » Jérémy
« C’est le respect des autres »
« La liberté est l’art de jouer avec les contrainte, tout en respectant le choix de son cœur et ceux des autres. »
« La liberté c’est ne pas embêter les autres même si on a envie de faire ce que l’on veut »
« De faire ce que je veux, quand je veux, avec qui je veux »
« La liberté, c’est faire ce que l’on veut mais il faut respecter la nature, le choix des gens. On ne peut pas faire ce que l’on veut car on doit respecter les règles de nos parents, de l’institutrice, de la loi. Mais c’est bien quand même qu’il y ait des règles, c’est bon pour l’avenir. » Orlane (10 ans) et Lily-Rose (8 ans)
« La liberté c’est faire des choses dans le respect mais aujourd’hui, je ne me sens pas libre de faire toutes ces choses car le gouvernement m’en empêche »
« Si l’on faisait un peu plus attention à nos prochains, notre liberté pourrait revenir » (81 ans)
« Ma liberté, galérer – sans liberté d’expression – sans emploi – votre avenir fera votre liberté – battez-vous pour que vous puissiez vivre la liberté que vous désirez » Marlaine (42 ans)
« La liberté serait que je puisse conduire un tramway maintenant » Sophian
« Je ne me sens pas libre de vivre comme je l’entends » Youness
«  Dans un pays tel que la France, quelqu’un qui n’a pas d’argent pourrait ne pas se sentir libre »
« La liberté c’est faire ce que l’on veut sauf des bêtises. D’être poli, gentil, solidaires avec les autres, à l’écoute des autres. Y’a des règles qui sont bien, d’autres pas. La liberté c’est être soi-même et ne pas être jugé » Morgane (11 ans), Zaïa (8 ans) et Soraya (9 ans)
« Je me sens libre, la seule contrainte que j’ai est de me lever le matin »
« Pour moi, la liberté c’est d’être bien dans sa tête et d’être en bonne santé »
« La liberté on la prend parce que si on attend qu’on nous la donne, on peux attendre longtemps » Claude et Sylviane
« La liberté a ses limites, celles du respect, et lorsqu’elles sont dépassées, cela me serre le cœur et je ne comprends plus rien »
« La liberté, c’est pouvoir parler de tout (sport-économie-politique) et de pouvoir s’instruire de tout » Loïc (25 ans)
« La société d’aujourd’hui ne nous permet pas d’être libre. Les lois pourraient permettre la liberté car elles fixent des limites aux gens mais beaucoup de lois se contredisent » un employé de mairie
« La liberté c’est être à l’écoute de soi et des autres pour faire les choses comme on l’entend »
« On n’est pas libre, c’est tout ! On modifie notre façon de penser et d’agir ! La liberté est un leurre comme la société ! »
« La liberté c’est de faire le choix de vivre en accord avec soi »
« La liberté, où ça ? Aujourd’hui, il n’y a que de la peur, du chacun pour soi. « Je suis Charlie » quelle hypocrisie !!! » Françoise et Nathalie
« La liberté c’est la possibilité de faire le choix de réaliser ses rêves et d’agir en écoutant son cœur » Lily
« La liberté, c’est faire ce que l’on veut, quand on veut et où on veut, même si la routine nous en empêche parfois » Thibault
« La liberté serait de faire ce que l’on veut, par exemple avec les vêtements, mais on est contraint surtout par le regard des hommes »
« Pour moi la liberté est une utopie car elle est liée à la notion d’égalité qui n’existe pas dans notre monde aujourd’hui » Eric
« La liberté, ce n’est pas la devise de la France. Il n’y a pas de liberté, ni d’égalité et la fraternité, il y en a de moins en moins »
« Aujourd’hui, on reflète une liberté qui n’existe pas »
« De ne pas faire ce qu’on n’a pas envie qu’on te fasse »
« La liberté… on n’en a pas beaucoup »
« Pour moi la liberté serait de vivre là où l’on veut »
« Pour moi, la liberté serait de prendre plus de temps pour ma famille et moi, ce que mon travail m’empêche de faire »
« La liberté est la difficile épreuve de la volonté face à l’efficacité au service de la vie »
« Faut rien avoir pour être en liberté, on est pisté de partout »
« La liberté est de faire le choix de vivre en accord avec soi »
« La liberté est la découverte empirique du monde où elle s’abolit »
« La liberté aujourd’hui est très difficile car l’argent a pris une grosse place et ça nous empêche de vivre comme on le voudrait » Marion (35 ans)
« Y’a la liberté d’expression. A l’école, y’a des règles que je n’aime pas comme le fait de ne pas pouvoir parler en classe et les exercices des fois, mais ils m’apprennent des choses quand même » Jules (8 ans et demi)

VINAY : place de l’Hôtel de Ville ~ 06/05/15 ~ 17h-20h
« Vidéoprotection, vidéosurveillance… ? »

« Je suis plutôt contre, ce n’est pas de la protection, c’est de la surveillance »
« Pour moi la vidéosurveillance ne sert à rien. Aujourd’hui, je ne me sens pas protégé, ni par ces vidéos, ni par la police, ni par moi-même. La vidéosurveillance ne cherche pas l’origine du problème et peux même favoriser la violence dans la provocation » BXL (41 ans)
« Je ne suis pas forcément contre. Mais il ne faut pas en faire trop mauvais usage et ne pas garder les données trop longtemps »
« Je ne sais pas, je ne me rends pas compte de l’importance que ça a »
« Je trouve ça bien, ça peut éviter des trafics dans des endroits qui craignent, je n’y vois pas d’inconvénients »
« Pour la sécurité. Contre, remet en cause le principe de liberté »
« La protection est un excuse pour nous surveiller. Y’en a partout : au travail, dans les rues, les radars… »
« Je ne fais rien de mal, on peut bien me viéoprotecter »
« Ce n’est pas de la protection mais de la verbalisation. C’est une pompe à fric » Valérie de Nice
« Pour certains établissements oui mais pas pour une ville »
« Je ne vois pas l’intérêt, ça coûte de l’argent, on ferait mieux de le mettre ailleurs »
« Plus ça va, plus on en met et moins la société est humaine. Plus de technologies mais pour quel progrès ? Ça coûte énormément d’argent et ça n’empêche rien. Un investissement qu’on ferait mieux de mettre dans la formation des jeunes pour qu’ils trouvent un boulot par exemple. Il faut bien évoluer mais correspondre devient de plus en plus difficile. Même avec mon banquier, je dois fonctionner par email et personne ne me répond. Ils ont tout remplacé par des machines, il n’y a personne au bout du fil »
« Être vu 24h/24, non merci ! »
« A la fois, c’est bien pour notre protection et à la fois, c’est mal car on n’a plus de vie privée » Damien
« Je suis pour la vidéosurveillance car pour moi elle permet une réduction de la violence. Ca ne me dérange pas d’être filmé car je n’ai rien à me reprocher. Mais si un jour, on utilise ces images contre moi, je me sentirais atteint dans mes libertés personnelles » Eric
« Ça ne me dérange pas mais je pense que ce n’est pas une absolue nécessité pour ici »
« Ça ne me dérange pas personnellement. Mais je ne pense pas que ça aide beaucoup les forces de l’ordre car certains délinquants sauront s’adapter à la situation »
« Ça peut être utile dans les grandes ville où il y a beaucoup de délinquance. Mais ça me dérange d’être filmé, déjà qu’ils ont voté la loi sur les écoutes téléphoniques »
« Je suis pour. Il faut réagir, la délinquance est trop banalisée. Ca n’est pas efficace à 100% mais on n’a rien trouvé de mieux »
« « J’emmerde les gendarmes et la maréchaussée » C’est une vieille chanson »
« Y’a des pour et y’a des contre. Moi, j’ai vécu dans la rue et quand on se fait taper dessus, les caméras aident à retrouver les agresseurs puisque la police s’en fout. Même vous, quand vous allez retirer de l’argent vous pourriez vous faire agresser »
« Je suis complètement contre, parce que c’est un fichage de plus. Il n’y avait pas besoin de ça avant, pas plus maintenant » Clairette à roulotte
« Non à une vidéosurveillance en temps réel par des personnes. Pas forcément contre une vidéosurveillance avec enregistrement et consultation en cas de besoin par des personnes assermentées »
« Vidéosurveillance en ville, non, atteinte à la vie intime des gens. Dans les magasins, oui, pour les vols et autres »

ROYBON : Place Saint-Romme ~ 07/05/15 ~ 17h-19h
« De quoi sera fait demain ? »

« Pas grand chose. De pire en pire, que ce soit ce que l’on mange et la manière dont on nous traite »
« Ce sera un bordel organisé sous couvert du gouvernement. Je souhaite une guerre civile comme en mai 68 et je serais dans la rue » (75 ans)
« En tout cas pas de paix, mais ça serait bien » Alicia
« J’espère qu’on ne se fera pas parasiter par une multinationale et que le village et les villageois développeront un dynamisme et une attractivité plus propre à la région »
« De rien. Y’a rien qui reste. La Terre est malade et les gens aussi. C’est les gens qui ont rendu la Terre malade et maintenant c’est la Terre qui rend malade les gens (tremblements de terre, réchauffement climatique, tsunami…) Elle a raison ! »
« On sait pas, du jour au lendemain, on peut pas savoir »
« Avec les problèmes de santé que j’ai, je vis au jour le jour et je souhaite beaucoup de bonheur à mes petits-enfants pour l’avenir »
« Demain sera fait de partage, d’arrêt du courir vers la richesse, de retour au respect des ressources de Gaïa et de tolérance » Jean-Christophe
« On sait comment ça sera fait… »
« Il faut demander à là-haut »
« La vie est devant nous, on ne sait pas »
« D’un autre hier, ça avance lentement »
« Sans diplôme c’est difficile. S’il y a possibilité de continuer les études, faut foncer »

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